
A des degrés divers, toutes les villes de France sont touchées par
l’insécurité. Selon leurs couleurs politiques, les municipalités prennent des
initiatives et optent pour des solutions différentes. A Clermont où l’on semble
nier le problème, le Maire, à l’image de ses collègues socialistes, est dans
l’embarras. Prisonnier d’une certaine idéologie, refusant de «fliquer les
Clermontois», il ne cesse de se lamenter sur l’état des effectifs de la Police
Nationale, et la disparition de la police de proximité.
• Profitant de la période estivale, nous sommes allés, accompagné de
militants UMP à la rencontre des Clermontois vivant dans les quartiers dits
« populaires ». A St Jacques par exemple, une placette a l’aspect
tranquille entourée d’immeubles récemment réhabilités, nous entendons :
« le coin est calme, mais ne vous fiez pas aux apparences, le soir venu,
les choses changent, l’ambiance est toute autre ». Et de nous décrire le
quotidien : rassemblement de jeunes, bruits, fumée, alcool, petits
trafics, occupation des halls d’immeubles, des cages d’escaliers, voilà le
spectacle qui se répète. Et s’accentue l’été. Un seul regard, mal interprété,
parfois, peut déclencher une insulte ou une invective. Ailleurs certains
occupants disent avoir manifesté d’emblée de l’autorité et évitent ces
désagréments. Plus loin, l’on nous rapporte que le Maire est « personna
non grata ». Qu’il se serait fait caillassé lors de sa dernière
apparition ! Même si elle ne se concentre pas exclusivement là où on
l’imagine, l’insécurité frappe essentiellement les plus modestes et les plus
vulnérables. Devant faire face à des difficultés financières, de logement, de
transport, d’emploi, ce sont les mêmes qui sont touchés dans leur sommeil et
dans leur tranquillité. L’insécurité aggrave le clivage social.
• Pour le Maire, qui s’est récemment exprimé dans la presse (La Montagne du
14 août dernier), à Clermont, tout irait pour le mieux, ou presque. Serge
Godard semble être dans un déni de réalité. Loin de nous l’idée de dramatiser.
Nous ne sommes pas dans le 9-3, ni à Grenoble ou Perpignan. Mais il y a une
réalité, et la minimiser est une erreur. Elle empêche d’agir. On ne peut
combattre l’insécurité en refusant de la voir.
• Le Maire fait de la sécurité selon sa perception… et ses tabous
idéologiques. Certes la sécurité est une compétence Régalienne de l’Etat. La
Police Nationale doit être en première ligne, mais la lutte contre la
délinquance relève d’un combat collectif. Le Maire a le devoir de s’engager. Il
ne doit pas être prisonnier de diktats, d’une gauche rêveuse, naïve et
angélique. Lors du dernier Conseil Municipal, la majorité a repoussé une
proposition de notre groupe visant à mettre en place, à titre expérimental, une
vidéo protection sur un territoire donné. Refusant dit-il de surveiller les
Clermontois ! Alors que paradoxalement, dans de nombreux bâtiments
publics, dans les transports en communs, sur les principaux carrefours, des
caméras sont installées ! Il en est de même pour protéger efficacement la
fresque « trompe l’œil » de Slobo, derrière la cathédrale.
• Le Maire a un rôle « pivot » dans la police de proximité.
Prisonnier de ses dogmes, il refuse de renforcer la Police Municipale. Ors,
paradoxalement, il ne cesse de réclamer plus de prévention et plus de présence
sur le terrain. Nous avons à Clermont, un nombre réduit de policiers
Municipaux. L’un des taux les plus faibles des grandes villes françaises. Il
conviendrait d’augmenter les effectifs, de mieux équiper les hommes et de ne
pas seulement les cantonner à la verbalisation des automobilistes. Leurs tâches
devraient être réorientées sur des actions de sécurisation.
• Enfin, la ville doit relancer et mettre à jour le contrat local de
sécurité et de prévention de la délinquance, en étroite collaboration avec les
services de l’Etat, de la Police Nationale et de la Justice. Brice Hortefeux
vient d’annoncer la création de « Brigades Spéciales de terrain ».
Celles-ci remplaceront les Unités Territoriales de Quartiers et ne seront plus
affectées à des quartiers, mais à des bassins de délinquance. Ces policiers
nationaux seront armés et respectés. Leur mission sera de sécuriser, prévenir
et réprimer.
Car en fait, la meilleure prévention n’est-elle pas la peur de la
sanction ?