CLERMONT FERRAND : CONSEIL MUNICIPAL DU 16 DECEMBRE 2005
Par jnd le vendredi 16 décembre 2005, 15:10 - En direct avec Jean Pierre Brenas - Lien permanent
Intervention de Jean Pierre BRENAS, conseiller municipal..................
Monsieur le Maire,
Le bon budget municipal est celui qui, nous semble-t-il, permet de mener une politique susceptible de répondre aux attentes des clermontois.
Or si l’on en croit les résultats de l’enquête que vous avez menée, à grands frais, et que vous avez dévoilé au cours d’un grand show médiatique, nous sommes en droit de nous interroger sur l’adéquation entre la politique choisie et les attentes essentielles des clermontois.
De quoi en effet se plaignent nos concitoyens et que demandent-ils ?
- Le commerce de proximité est en chute libre
- La fiscalité en hausse perpétuelle
- L’accès au logement connaît de graves lacunes
- Il y a un manque flagrant d’équipements de proximité de type crèche, garde d’enfants
- Certains quartiers sont depuis des années entièrement laissés pour compte, notamment celui de la gare
- Les déplacements à Clermont, relèvent de l’exploit
- les horaires et itinéraires de bus sont inadaptés
-; La circulation automobile impossible, les pistes cyclables, en nombre ridiculement bas.
- La ville est sale
- Il n’y a pas suffisamment d’équipement de proximité répondant aux besoins des personnes âgées
- Certains quartiers souffrent continuellement de nuisances sonores non traitées,
- L’habitat insalubre est insuffisamment traité
- La ville ne fait pas assez pour ses étudiants
- L’accès aux manifestations culturelles n’est pas suffisamment favorisé
- L’accès des personnes à mobilité réduite aux services publics est négligé
- Les abords des écoles sont insuffisamment sécurisés ;
- Etc… etc…
De toute évidence, les clermontois n’adhèrent pas à votre auto-satisfaction. Ils réclament essentiellement :
- Plus de services de proximité
- Plus de facilité pour se déplacer et se loger
- Et surtout moins d’impôts
Et c’est précisément parce que le projet de budget que vous nous soumettez ne permettra pas la mise en œuvre d’une politique susceptible de répondre à ces légitimes attentes, que nous ne le voterons pas.
De plus, quand dans le même temps, vous organisez, M. le Maire opérations de communication sur opérations de communication ; quand vous engagez des budgets colossaux à la gloire de la Place principale de la ville qui doit être, parce que vous le voulez ainsi, la marque de votre mandat, nous comprenons l’agacement que ressentent bon nombre de Clermontois face à cette communication paillette.
Une remarque concernant précisément cette communication municipale, il s’agit de la 3ème opération engagée en 2 ans !!!
Vous leurs avez téléphoné, c’était l’opération « M. le Maire téléphone aux Clermontois », il y a tout juste 2 ans. Vous aviez téléphoné à 40 000 clermontois et qu’avaient-ils dit ? Ils avaient déjà exprimé les mêmes demandes, à savoir :
- à 70 % ils avaient exprimé le souhait d’améliorer la propreté de la ville et de lutter contre le bruit et la pollution de l’air
- à 60 % ils réclamaient un effort en faveur des services de proximité et notamment du petit commerce.
- pour 50 % d’entre eux il était primordial de favoriser le développement économique et l’emploi
- et enfin 39 % considéraient que des efforts devaient être faits en matière de desserte de la ville
Cette opération avait été très onéreuse. Sur quoi a-t-elle débouché ? sur rien.
2ème opération : il y a quelques mois pour 300 000 €uros hors taxe et hors promotion, vous avez organisé une exposition à mi-mandat à la gloire de votre bilan et de vos projets. C’était une nouvelle opération d’auto-promotion, dont vous avez imposé le financement aux contribuables clermontois.
Eh bien, Monsieur le Maire, de cette communication auto-promotion, les clermontois n’en veulent plus !
Les 3 défis les plus urgents qui s’imposent aujourd’hui à la ville sont les suivants :
1. Comment améliorer la desserte du centre ville et de ce fait relancer la consommation et l’activité économique ?
2. Comment répondre aux besoins exprimés dans tous les quartiers sans discrimination ?
3. Comment rassurer les clermontois sur l’évolution de la fiscalité locale ?
• S’agissant des déplacements urbains, les décisions que vous avez prises sont trop brutales. D’un côté vous avez chassé la voiture, de l’autre vous ne proposez pas de moyens de substitutions suffisamment attractifs et performants :
- Il n’y a pas assez de bus, les itinéraires sont mal étudiés et les horaires inadaptés
- Le tramway ne va pas tout révolutionner, mais apporter simplement un plus pour les clermontois qui résident à proximité de la future ligne.
- Le nombre de pistes cyclables est ridicule, de plus elles sont dangereuses (30 kms à Clermont pour 430 kms à Strasbourg).
- Venir en voiture est devenu un luxe, il faut disposer de beaucoup de temps. Les parkings sont rares et chers. Seuls les plus fortunés peuvent aujourd’hui venir faire leurs achats à Clermont.
• S’agissant de la vie dans les quartiers, vous avez opté pour une politique de prestige privilégiant ce qui se voit et donc quelques quartiers vitrines. Mais à l’image du quartier de la gare, bon nombre de rues, de places, de façades font pitié à Clermont.
Un certain nombre de logements insalubres nécessitent des traitements urgents.
Le commerce et les services de proximité tendent à disparaître.
Il est urgent de penser aux clermontois qui n’ont pas la chance de vivre Place de Jaude ou sur le trajet du Tramway et qui payent leurs impôts comme les autres !
• Concernant la fiscalité locale et son évolution pour les années à venir, compte-tenu du contexte national, de l’économie locale et de l’évolution du pouvoir d’achat de nos concitoyens, nous sommes inquiets.
Dans son numéro d’octobre le magazine Capital, a réalisé un dossier « spécial gaspillage sur les villes de plus de 100 000 habitants ». Clermont est épinglé et il est notamment fait état de l’importante hausse de la fiscalité locale depuis le début cette mandature de l’ordre de 27 %.
De plus à l’image de la future grande bibliothèque, des projets pharaoniques se profilent. Pour en assurer le financement, vous comptez sur l’argent de l’Etat providence et sur l’argent des entreprises providences.
Or comme vous le savez, l’état financier du pays est désastreux, nous avons un niveau de dette record. L’ensemble du produit de l’impôt sur le revenu des français est intégralement absorbé par le seul remboursement des intérêts de la dette du pays. On ne peut pas être totalement indifférent à cette nouvelle situation.
Pour autant, il n’est pas exact de dire que l’Etat se désengage comme vous le répétez sans cesse. La dotation de solidarité est en augmentation cette année de 2,5 M d’€uros, l’augmentation de la dotation globale de fonctionnement permettra à la ville de toucher environ 300 000 €uros supplémentaires ; sans compter la cinquantaine de millions d’€uros attendus de l’Agence Nationale pour la rénovation urbaine.
Vous avez déjà lourdement sollicité les entreprises clermontoises pour le financement du tramway. Beaucoup souffrent et se trouvent fragilisées. Vous ne pouvez pas aggraver encore leurs charges. Il faut au contraire les soutenir, favoriser leur développement et en attirer de nouvelles.
Bien sûr il vous reste le levier de la fiscalité locale. Et c’est bien ce que redoutent les clermontois quand ils découvrent ici et là de nouveaux chantiers publics. Les ménages clermontois ont un revenu inférieur à la moyenne des villes de même importance et inférieur au revenu moyen des communes membres de Clermont-communauté.
Nous vous le demandons solennellement, Monsieur le Maire, n’abusez pas du recours à l’impôt.
Il est vrai que la ville a pris beaucoup de retard durant les années Quillot alors que le contexte économique national et local était plus favorable. Les choix et les investissements n’ont pas été faits quand il le fallait et cela nous pénalise aujourd’hui.
Monsieur le Maire,
- Améliorer TOUS LES MODES de déplacements urbains
- Développer une politique de proximité dans les quartiers
- Et maîtriser la fiscalité locale
sont des objectifs qui nous paraissent prioritaires.
Mais de grâce, cessez de consulter les clermontois, écoutez-les, tous simplement.


Commentaires
BRAVO à Jean-Pierre BRENAS pour son intervention et pour le courage de le dire tout haut.
Deux remarques :
1 - Le budget municipal est la traduction des choix politiques des élus municipaux ,
dans la gestion quotidienne par les choix des dépenses d'investissement,
dans l'action d'aménagement et d'équipement par les choix des dépenses d'investissements,
par la détermination des ressources qui permettront de financer ces dépenses.
A Clermont ces choix sont clairs : des dépenses de prestige financées par les hausses des impôts locaux.
2 – La communication, aux frais des contribuables, permet de donner aux mensonges l'accent de la vérité et l'apparence de la solidarité à un simple courant d'air. C'est un condensé de la politique municipale : Bien dire et laisser faire.
bravo jean-pierre , tu es courageux,tu arrives à dire ce que les autres n'osent dire
Ca, c'est envoyé ! Bravo JP !
BRAVO, j'en connais un qui aurait été fier de toi.
Félicitations